—ballade des pantins—
"Etait il temps lors de moi taire ?"
François Villon
Un pantin a le droit d'ouvrir les yeux
Puisqu'il lui manque un début de cervelle
Le droit de croire et de remercier Dieu
De lui donner chaque jour des nouvelles
D'un monde où la vérité se révèle
Sans doute il ne perdra pas son latin
Dans les journaux du métropolitain
Puisqu'il est fait de bois comme les triques
Vive la république des pantins
Vivent les pantins et la république
Un pantin a le droit même en haut lieu
D'ouvrir la bouche autant que les prunelles
Pour ma part connaissant mal ce milieu
Je n'émettrai lors aucune voyelle
Aucun mot plus haut que les deux semelles
De celui-là qui annonce au matin
Ce qu'il noie le soir dans un baratin
De qui quoi qu'on se moque en politique ?
Vive la république des pantins
Vivent les pantins et la république
Un pantin a le droit de marcher s'il veut
Droit devant lui et sans qu'on l'interpelle
Pourtant selon la couleur des cheveux
Ou de la peau dans la France éternelle
Il n'ira pas plus loin que les ficelles
Il n'ira pas tout seul vers son destin
Qu'on habite à Neuilly ou à Pantin
Tous les chemins ne sont pas identiques
Vive la république des pantins
Vivent les pantins et la république
-envoi-
Président ou chômeur ou lamentin
Unissons-nous et oublions Pétain
Que nos voix maintenant soient plus laïques
Vive la république des pantins
Vivent les pantins et la république
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