jeudi 7 janvier 2010

Esquisse sentimentale






Tous les deux nous marchons sur une route parallèle aux vagues
Tous les deux nous savons qu'une longue douleur nous rapproche
Nous aimons les couleurs du hasard et les lignes courbes du temps
Nous avons mis si longtemps tous les deux pour nous rencontrer
Que nous aurons besoin de plusieurs siècles pour croire en Dieu


Tous les deux simplement
Sur la route du vent
Comment croire autrement
Que nous sommes vivants


Inutile de suivre toutes les sophistications de la poésie élisabéthaine
Ne parlons pas
Des contournements et des complaisances de la psychologie urbaine


Tous les deux nous pratiquons donc
Devant les vagues et leurs embruns
Devant les jours et leurs emmerdes
L'évitement heureux du verbe aimer

Laissons les fragments les discours


Tous les deux sur cette route
Trois mots qui n'ont l'air de rien
Trois galets veinés de bleu
Nous indiquent l'essentiel







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